C'est le monde à l'envers! Au Japon, à l'époque Edo, la jeune auteure de cette série (qui a gagné le prix Osamu Tezuka du meilleur manga 2009) a imaginé un univers où les hommes sont faibles et les femmes… fortes. Elles gèrent les entreprises, travaillent aux champs, se payent des amants ou des maris (celles qui en ont les moyens) et… deviennent Shogun.
Ce Shogun règne sur un pavillon interdit aux autres femmes et où ont été réunis les plus beaux mecs d'un monde où ils sont devenus, à cause d'une terrible épidémie de variole, une denrée rare. Et donc, ô combien précieuse! Dans le tome 3, la princesse Iemitsu ne tombe pas enceinte et son bel amant Arikoto est poliment remercié. Le remplace Sutezo. Il lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais, intellectuellement, n'arrive pas à sa cheville. En attendant, c'est quand même lui qui réussit à lui faire un enfant: une petite fille qui transformera sa mère en un être doux et serein (souvenons-nous de ses légendaires colères dans les précédents tomes!) mais toujours raide dingue amoureuse d'Arikoto!
Cette histoire est, bien sûr, une pure fiction mais elle s'inscrit dans un contexte historique on ne peut plus authentique. Dame Kasuga, le Shogun (est-ce qu'on peut dire LA shogun comme l'auteurE ?) et ses conseillers - qui n'arrêtent pas de se tirer dans les pattes - auront à régler d'épineux problèmes tels que: la révolte des Daimyô, la fermeture des frontières aux portugais ou le confinement des hollandais dans l'île de Dêjima.
C'est intéressant, original, avec des moments vraiment drôles: comme cette fille, qui a reçu l'éducation d'un garçon, et qui se rappelle qu'elle n'en est pas un uniquement au moment de ses règles. Et son père qui la tance !
Le pavillon des hommes 3 Tomes
Par Fumi Yoshinaga
Editions Kana
Corine Jamar
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