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En Italie, il n'y a que de vrais hommes |
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Parfois, des auteurs chassent sur les terres des universitaires et transforment ce qui n'aurait été qu'un traité, un essai ou une thèse (et ne serait jamais sorti de leurs archives) en... chef-d'œuvre. Ce roman graphique, qui nous raconte l'histoire tragique d'Antonio Angelicola, 75 ans, en est un.
Pour plusieurs raisons: la première c'est que c'est un sujet casse-gueule. Allez, inutile de nier, tout comme moi vous vous êtes dit: mais qui va s'intéresser à cette histoire à part les homos ? Et bien non. Ce bouquin peut, doit, va intéresser tout le monde non seulement parce qu'il rend compte d'un épisode important de l'histoire italienne mais aussi parce que les différents personnages - qui ont vraiment existé - présentent un formidable potentiel romanesque. Que les auteurs ont très bien su exploiter, tant d'un point de vue narratif que graphique. Ils ont aussi pris le parti d'ancrer le lecteur dans notre époque contemporaine: un reporter et un caméraman décident de tourner un film sur le sort réservé aux homos et n'ont, pour seul témoin, qu'Antonio avec qui ils ont des rapports parfois tendus, souvent drôles, toujours justes et touchants. Le présent permet de revisiter le passé et les personnages fictifs offrent au personnage "réel" (et à tous ceux dont il se souvient bien sûr) l'opportunité d'enrichir son témoignage, de le rendre moins "universitaire" et donc, de l'ouvrir à tous. Une autre raison de ne pas passer à côté de ce livre: il représente un fameux pied de nez au fascisme éternel, celui de Mussolini et consorts mais aussi à celui de la culture officielle qui a tenté, elle aussi, de parquer l'histoire gay dans un ghetto. Bravo à Luca de Santis, bravo à Sara Colaone et… respect à Antonio, dit "Ninella".
En Italie, il n'y a que des vrais hommes
Luca de Santis et Sara Colaone
Editions Dargaud
Corine Jamar
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